Jonathan Coe : La pluie avant qu'elle tombe
Jonathan Coe : La pluie, avant qu'elle tombe (Gallimard, 2009) 
Présentation de l'éditeur
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.
Oui, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas une comédie ! Néanmoins, c'est un joli roman, nostalgique, mais qui laisse peu d'espoir.
Au départ, je me demandais pourquoi on parlait de la nièce, de ses filles, au lieu passer directement à la confession de Rosamond, le plus intéressant ? Mais en fait, c'est justement le sujet du roman, voir comment une personne peut un jour modeler la personnalité d'une autre (et qui de plus facile à modeler qu'un enfant ?), et comment une attitude, un caractère peut influer sur tant d'autres qui se répercutent de génération en génération pour aboutir à des tragédies. Le roman porte aussi sur cette réflexion : tant de mal-être, tant de manque d'amour, est-ce que ça peut avoir un but, une finalité qui compenserait tout ça ?